Séisme de magnitude 3,8 près de Lourdes ce lundi matin : la deuxième secousse en dix jours

Un séisme de magnitude 3,8 a secoué le secteur de Lourdes ce lundi 3 août à 8 h 49, avec un épicentre situé entre Adé et Lourdes, à environ 4 kilomètres de la ville — sans faire de victime ni de dégât signalé à ce stade. C’est la deuxième secousse notable en dix jours dans le même secteur des Hautes-Pyrénées, après un séisme de magnitude 3,2 le 25 juillet. Faut-il s’en inquiéter ? Voici ce que disent les données sismologiques, et ce que ce niveau de magnitude signifie réellement.

⚡ En bref
  • Magnitude 3,8 à 8 h 49 ce lundi 3 août, épicentre entre Adé et Lourdes (Hautes-Pyrénées), à 4 km de Lourdes et 15 km de Tarbes.
  • Le Bureau central sismologique français retient une magnitude légèrement différente, 3,9 selon le réseau du CEA, avec une localisation « au nord-est d’Argelès-Gazost » — l’écart entre réseaux est normal, il n’y a pas deux séismes.
  • Deuxième secousse en dix jours : le 25 juillet, un séisme de magnitude 3,2 avait déjà été enregistré entre Lourdes et Bagnères-de-Bigorre.
  • Rien d’anormal pour la région : 263 communes des Hautes-Pyrénées sont classées en zone de sismicité 4 (« moyenne ») sur une échelle qui en compte 5.
3,8
magnitude locale du séisme du 3 août, 3,9 selon le réseau du CEA
8 h 49
heure de la secousse, ce lundi matin
4 km
distance entre l’épicentre et Lourdes (15 km de Tarbes)
263
communes des Hautes-Pyrénées classées en zone de sismicité 4 sur 5

Ce qui s’est passé ce lundi matin #

La secousse a été enregistrée à 8 h 49, heure locale, entre les communes d’Adé et de Lourdes. Les réseaux de surveillance donnent une magnitude de 3,8, et le Bureau central sismologique français (BCSF) affiche pour sa part 3,9, avec une localisation « au nord-est d’Argelès-Gazost », aux coordonnées 43,1° nord et 0,02° ouest.

Cet écart entre deux chiffres n’a rien de suspect : les réseaux — celui des universités et celui du Commissariat à l’énergie atomique — utilisent des stations et des méthodes de calcul différentes, et une différence d’un dixième de magnitude est courante. Il s’agit bien du même événement.

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Aucune victime et aucun dégât n’ont été signalés dans les heures qui ont suivi. À ce niveau de magnitude, le séisme est ressenti — parfois nettement — mais il n’endommage normalement pas les bâtiments.

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Séismes pyrénéens : la tectonique du futur
Séismes pyrénéens : la tectonique du futur
« Les Pyrénées sont, avec les Alpes, la zone la plus sismique de France métropolitaine. Les petites secousses y sont la règle, pas l’exception : ce sont les failles qui travaillent. »
— Contexte tectonique — zonage sismique réglementaire français, en vigueur depuis mai 2011

Pourquoi ça a sonné comme une explosion, pas comme un balancement #

C’est le témoignage qui revient systématiquement dans le secteur, y compris après la secousse du 25 juillet : les habitants décrivent « une explosion plutôt qu’un tremblement », un bruit sourd suivi d’une vibration brève.

L’explication tient à la profondeur. Les séismes pyrénéens sont généralement superficiels : quelques kilomètres seulement sous vos pieds. Quand la source est proche, les ondes P — les premières à arriver, des ondes de compression — atteignent la surface presque sans être atténuées, et une partie de leur énergie passe dans l’air sous forme d’un grondement audible. Plus le séisme est profond ou lointain, plus la secousse devient un balancement lent et silencieux.

Autre conséquence de cette faible profondeur : un séisme modeste peut être très bien ressenti dans un rayon restreint, alors qu’on ne sentira rien à 50 kilomètres.

3,8, c’est beaucoup ou pas ? #

L’échelle de magnitude est logarithmique : chaque point supplémentaire correspond à environ 31,6 fois plus d’énergie libérée. Un chiffre qui paraît proche ne l’est donc pas du tout.

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Concrètement : le séisme d’Arette, dans le Béarn voisin, le 13 août 1967, était estimé autour de magnitude 5,5. Il a détruit une grande partie du village et reste le plus fort séisme ressenti en France métropolitaine au XXe siècle après celui de Provence en 1909. Il a libéré environ 350 fois plus d’énergie que la secousse de ce lundi.

Et le record pyrénéen est encore ailleurs : le séisme de Bagnères-de-Bigorre du 21 juin 1660, d’intensité VIII-IX et de magnitude estimée autour de 6,1, reste le plus violent connu dans les Pyrénées françaises. C’est précisément parce que ces événements existent que la région est réglementée.

  • 3 août 2026 : magnitude 3,8, entre Adé et Lourdes, 8 h 49. Aucun dégât signalé.
  • 25 juillet 2026 : magnitude 3,2 à 11 h 17, épicentre à 14 km de Lourdes et 9 km de Bagnères-de-Bigorre (secteur de Gers-sur-Oussouet, Cheust, Gazost).
  • 24 avril 2026 : magnitude 2,5 à 8 h 07, vers Arthez-d’Asson et Argelès-Gazost — à la limite du seuil de perception.

Deux secousses en dix jours : signe avant-coureur ? #

C’est la question que tout le monde se pose, et la réponse honnête est : non, ce n’est pas un signal prédictif. La sismologie ne sait pas prévoir un séisme, ni sa date, ni sa magnitude. Une série de petites secousses dans une zone active n’annonce statistiquement pas plus un événement majeur qu’une période calme.

Ce que l’on sait, en revanche, c’est que le piémont pyrénéen est l’une des régions les plus sismiques de France métropolitaine, avec les Alpes et l’Alsace. La chaîne est née de la collision entre la plaque ibérique et la plaque européenne, et cette compression n’est pas terminée : les failles du piémont continuent de relâcher de l’énergie, par petites doses, en permanence.

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Traduit en réglementation : 263 communes des Hautes-Pyrénées sont classées en zone de sismicité 4, dite « moyenne », le reste du département étant en zone 2 ou 3. Depuis le 1er mai 2011, cela impose des règles parasismiques (norme Eurocode 8) aux constructions neuves — un détail qui compte si vous achetez ou faites construire dans le secteur.

Ce que vous pouvez faire, très concrètement #

Si vous avez ressenti la secousse, votre témoignage a une vraie valeur scientifique : le BCSF collecte les retours du public sur franceseisme.fr pour établir la carte d’intensité macrosismique — c’est-à-dire ce qui a été réellement ressenti et endommagé au sol, une donnée que les capteurs seuls ne donnent pas.

Pendant une secousse, la consigne officielle tient en trois mots : se baisser, se couvrir, s’agripper. On s’éloigne des fenêtres, on ne sort pas en courant (le danger est souvent devant l’immeuble, pas dedans), on ne prend pas l’ascenseur.

Après : couper le gaz en cas d’odeur suspecte, éviter d’appeler pour ne pas saturer les réseaux, et vérifier fissures et cheminées. Pour une secousse de magnitude 3,8, ces réflexes ne serviront normalement pas — mais ils s’apprennent quand il ne se passe rien, pas quand il se passe quelque chose.

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🎯 À retenir
Un séisme de magnitude 3,8 près de Lourdes, c’est un événement banal pour le piémont pyrénéen — spectaculaire à entendre, sans danger pour les bâtiments — et il ne permet de prédire strictement rien sur la suite.

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