Réponse directe : oui, le chiffre est exact. Selon l’enquête Ipsos publiée pour la Journée de la Terre 2023, 43 % des personnes interrogées se déclarent « très préoccupées » (very concerned) par le changement climatique. Cette proportion n’a pas bougé entre 2022 et 2023. Attention toutefois : il s’agit d’une moyenne calculée sur 29 pays sondés en ligne, et non d’une mesure représentative de la population mondiale entière. C’est une nuance que beaucoup de reprises oublient.
Ce niveau « très préoccupé » est le degré le plus intense d’une échelle qui comprend aussi des préoccupations modérées. Quand on additionne tous les niveaux d’inquiétude, les taux montent bien plus haut—mais ce n’est plus le même indicateur. Voici ce que disent réellement les données, leur périmètre, et ce qu’il faut en retenir.
| Indicateur | Valeur | Périmètre | Source |
|---|---|---|---|
| « Très préoccupés » par le changement climatique | 43 % | Moyenne 29 pays, en ligne | Ipsos, Journée de la Terre 2023 |
| Contestent l’origine humaine du dérèglement | 36 % | Moyenne 29 pays | Ipsos, 2023 |
| Préoccupés par les impacts dans leur pays | 74 % | Moyenne 32 pays | Ipsos, Journée de la Terre 2025 |
| Préoccupés aux Philippines (plus haut niveau 2025) | 90 % | Philippines | Ipsos, 2025 |
| Taille d’échantillon mondiale (2025) | 23 745 | 32 pays, en ligne | Ipsos, 2025 |
Le chiffre clé : ce que « 43 % » signifie exactement #
Le 43 % mesure une chose très précise : la part de répondants qui se disent « très préoccupés » (very concerned), c’est-à-dire le niveau le plus élevé sur l’échelle d’inquiétude proposée par Ipsos. Ce n’est pas le total des personnes inquiètes—qui inclut aussi les « assez préoccupés »—mais bien le sous-groupe le plus alarmé. La stabilité du chiffre entre 2022 et 2023 est en soi un fait notable : malgré une succession d’événements climatiques extrêmes, le noyau des plus inquiets n’a pas grossi sur cette période.
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Autre donnée frappante issue de la même vague : 36 % des répondants contestent encore l’origine humaine du changement climatique. Le climato-scepticisme « dur » reste donc loin d’être marginal, alors même que le consensus scientifique sur la responsabilité humaine est, lui, écrasant. Ce décalage entre science et perception est précisément ce qui intéresse un travail de fact-checking : le chiffre d’opinion ne dit rien de la réalité physique, il décrit un état des esprits.
Les écarts par pays : l’inquiétude suit la vulnérabilité #
Le résultat le plus instructif n’est pas la moyenne, mais sa dispersion. Ipsos observe que la préoccupation est fortement corrélée à la vulnérabilité objective des pays face aux effets du dérèglement—et non à leur niveau de développement ou à leurs émissions. Les habitants des pays qui ont constaté une multiplication de catastrophes climatiques aux effets durables (infrastructures, vies humaines, économie) sont les plus inquiets.
Très inquiets
Sommet 2025
Asie du Sud-Est
L’écart riches/pauvres
La méthodologie : comment lire ce sondage sans le sur-interpréter #
Le 43 % provient de l’enquête Global Advisor d’Ipsos, dispositif récurrent réalisé en ligne. Pour la vague 2023 ayant produit ce chiffre, le terrain s’est déroulé du 16 août au 2 octobre 2023 dans 29 pays, avec des échantillons de 500 à 1 000 personnes par pays, recrutées par quotas. Les répondants sont des adultes (généralement 16–74 ans selon les pays), et les données sont pondérées pour refléter le profil démographique de chaque population.
Un sondage en ligne décrit l’opinion de ceux qu’il interroge—pas une vérité scientifique sur le climat. Le périmètre vaut autant que le pourcentage.
Côté marge d’erreur, Ipsos n’utilise pas une marge classique pour ses panels en ligne mais un intervalle de crédibilité : un échantillon de 1 000 personnes est précis à environ ± 3,5 points de pourcentage, et un échantillon de 500 personnes à environ ± 5,0 points. Concrètement, un écart de 2 ou 3 points entre deux années ou deux pays peut relever du bruit statistique : c’est pourquoi la stabilité affichée du 43 % entre 2022 et 2023 doit se lire « pas de variation significative », plutôt que comme une rigidité parfaite.
Pour situer ce chiffre dans le temps : la vague Journée de la Terre 2025, conduite du 24 janvier au 7 février 2025 auprès de 23 745 personnes dans 32 pays, mesure cette fois 74 % de personnes « préoccupées par les impacts du changement climatique dans leur pays ». Ce n’est pas le même indicateur que le 43 %—mais il confirme la tendance : l’inquiétude large reste majoritaire, même si le noyau « très préoccupé » reste minoritaire.
Ce que ça révèle : un consensus large, un noyau dur stable #
Que retenir, factuellement ? D’abord que « 43 % » ne décrit pas une majorité : c’est une minorité importante, le sous-groupe le plus alarmé. Ensuite que la préoccupation large, elle, est majoritaire dans la plupart des pays sondés. Enfin que l’inquiétude se nourrit moins des discours que de l’expérience vécue : là où les catastrophes sont visibles, les taux grimpent.
Ce que dit le chiffre
- 43 % sont au plus haut niveau d’inquiétude, stable depuis 2022
- L’inquiétude suit la vulnérabilité réelle des pays
- La préoccupation large reste majoritaire
Ce qu’il ne dit pas
- Que 43 % de toute l’humanité a été interrogée
- Qu’une majorité serait « très » préoccupée
- Quoi que ce soit sur la réalité physique du climat
Pour un média de fact-checking, la leçon est double. Le chiffre est vrai et sourçable—mais sa formulation usuelle (« 43 % de la planète ») gomme le périmètre et le niveau exact d’inquiétude mesuré. Citer une donnée d’opinion correctement, c’est toujours préciser qui a été interrogé, sur quoi exactement, et avec quelle marge. C’est ce qui sépare un fait d’un slogan.
Questions fréquentes #
Le chiffre de 43 % est-il vrai ?
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« Très préoccupés » et « préoccupés », est-ce pareil ?
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Quels pays sont les plus inquiets ?
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Quelle est la marge d’erreur ?
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Combien de personnes ont été interrogées ?
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Sources : Ipsos et données publiques. Article mis à jour régulièrement.