Démographie mondiale : 9,7 milliards d’humains en 2050, le grand basculement en chiffres

Le compteur de la population mondiale continue de tourner, mais plus lentement qu’à aucun autre moment depuis 1950. Selon la révision 2024 des World Population Prospects de l’ONU, l’humanité atteindra son pic vers le milieu des années 2080, autour de 10,3 milliards d’habitants, avant d’entamer un lent déclin. La projection de 9,7 milliards d’humains en 2050 n’est donc pas une fin de course, mais une étape dans une transition démographique mondiale qui redistribue les cartes entre les régions et entre les générations.

Trois forces structurent ce mouvement : un taux de fécondité mondial qui s’effondre vers le seuil de remplacement, un vieillissement accéléré qui doublera la population des 60 ans et plus, et une géographie de la croissance désormais dominée par l’Afrique subsaharienne. Voici le grand basculement démographique en chiffres vérifiés.

9,7 Md
humains projetés en 2050
2,1 Md
de 60 ans et plus en 2050
37,9 ans
âge médian mondial en 2050
Sources : ONU (WPP 2024), OMS, Worldometer — voir détail en fin d’article.
Indicateur Valeur Horizon Source
Population mondiale~8,3 milliards2026Worldometer / ONU
Population projetée~9,7 milliards2050ONU (WPP 2024)
Pic de population~10,3 milliards~2080sONU (WPP 2024)
Âge médian mondial~31,1 ans2026Worldometer
Population 60 ans et +2,1 milliards (≈ x2)2050OMS
Fécondité mondiale~2,25 enfants/femme2024ONU (WPP 2024)

La population aujourd’hui : 8,3 milliards et un rythme qui décélère #

Début 2026, la population mondiale est estimée à près de 8,3 milliards d’habitants, d’après les compteurs en temps réel de Worldometer adossés aux données onusiennes. En 2024, la révision officielle de l’ONU plaçait le total à 8,2 milliards. L’humanité continue donc de croître en nombre absolu, mais le rythme de cette croissance n’a plus rien à voir avec celui des décennies passées.

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Le signal le plus parlant concerne le temps de doublement. Là où la population mondiale doublait en l’espace d’une génération au milieu du XXe siècle, il faudrait désormais plus de deux siècles pour qu’elle double à nouveau, selon Worldometer. Cette décélération est la conséquence directe de la chute de la fécondité, observée dans presque toutes les régions du globe.

L’âge médian mondial illustre lui aussi la maturité démographique atteinte par l’humanité. Il est aujourd’hui d’environ 31,1 ans selon Worldometer, contre 24 ans seulement en 1950. Autrement dit, la moitié des habitants de la planète a désormais plus de 31 ans — un basculement silencieux mais structurel.

Le pic à venir : 9,7 milliards en 2050, puis un plafond vers 2080 #

La projection la plus citée, celle de 9,7 milliards d’humains en 2050, provient directement du scénario médian des World Population Prospects 2024 de l’ONU. Elle correspond à une hausse d’environ 1,5 milliard d’habitants en un quart de siècle par rapport à 2024 — une augmentation réelle, mais nettement plus modérée que les bonds des décennies précédentes.

Contrairement à une idée répandue, 2050 ne marque pas le sommet de la courbe. Selon l’ONU, la population mondiale devrait continuer de croître jusqu’au milieu des années 2080, où elle atteindrait un pic d’environ 10,3 milliards d’habitants, avant de redescendre lentement autour de 10,2 milliards en 2100. C’est la première fois que les démographes onusiens situent un pic et un déclin à l’intérieur de l’horizon de leurs projections.

«
Pour la première fois, le pic de population mondiale est désormais visible à l’intérieur de l’horizon des projections : un sommet vers 2080, puis un reflux.
— D’après les World Population Prospects 2024, ONU

Ce ralentissement tient à l’effondrement de la fécondité. Le taux de fécondité mondial est passé d’environ 3,3 enfants par femme en 1990 à près de 2,25 en 2024, selon l’ONU. Plus de la moitié des pays et territoires du monde affichent désormais une fécondité inférieure au seuil de remplacement de 2,1. L’ONU estime même que 63 pays, représentant 28 % de la population mondiale, ont déjà passé leur propre pic démographique.

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Le vieillissement : la population des 60 ans et plus va doubler #

Si l’humanité continue de grandir, elle vieillit surtout. C’est le second pilier du basculement. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la population des personnes âgées de 60 ans et plus passera d’environ 1 milliard aujourd’hui à 2,1 milliards en 2050 : un doublement en l’espace d’une génération. La part de cette tranche d’âge dans la population mondiale grimperait de 12 % en 2015 à 22 % en 2050.

L’âge médian mondial suit la même trajectoire ascendante. Estimé à environ 31 ans aujourd’hui, il devrait atteindre près de 37,9 ans d’ici 2050. Concrètement, en une seule génération, la planète gagne près de sept années d’âge médian — un changement de structure qui pèsera sur les systèmes de retraite, de santé et le marché du travail dans la plupart des pays développés et émergents.

01

Le nombre absolu double

Les 60 ans et plus passent d’environ 1 à 2,1 milliards entre aujourd’hui et 2050 (OMS).
02

La part bondit

De 12 % de la population mondiale en 2015 à 22 % en 2050, selon l’OMS.
03

L’âge médian grimpe

De ~31 ans aujourd’hui à ~37,9 ans en 2050 à l’échelle mondiale.

Les contrastes régionaux : l’Afrique au cœur de la croissance #

Le troisième pilier du basculement est géographique. Selon l’ONU, la quasi-totalité de la croissance de la population mondiale d’ici 2050 proviendra des pays à revenu faible ou intermédiaire — et plus de la moitié de cette hausse viendra de l’Afrique subsaharienne. La région devrait voir sa population grimper d’environ 79 % pour atteindre près de 2,2 milliards d’habitants au milieu du siècle, selon les projections onusiennes relayées par les instituts démographiques.

Cette divergence reflète des dynamiques de fécondité opposées. En Afrique, le nombre moyen d’enfants par femme est passé de 6,6 en 1960 à 3,8 en 2024, et devrait encore reculer vers 2,6 d’ici 2050 selon l’ONU. C’est une baisse rapide, mais qui part d’un niveau bien plus élevé que dans le reste du monde. À l’inverse, de nombreux pays d’Europe, d’Asie de l’Est et d’Amérique du Nord sont déjà entrés en territoire de déclin démographique.

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Régions en déclin

  • Europe et Asie de l’Est sous le seuil de remplacement
  • 63 pays (28 % de l’humanité) ont déjà passé leur pic
  • Vieillissement accéléré et populations stables ou en recul

Régions en croissance

  • Afrique subsaharienne : plus de la moitié de la hausse mondiale
  • ~2,2 milliards d’habitants attendus au milieu du siècle
  • Population la plus jeune du monde, fécondité encore élevée

Cette recomposition se lit aussi dans le classement des pays les plus peuplés. L’Inde a déjà dépassé la Chine pour devenir le pays le plus peuplé du monde, et figure parmi la poignée d’États qui concentreront, à eux seuls, environ la moitié de la hausse de population mondiale d’ici 2050, selon l’ONU. Le centre de gravité démographique de la planète se déplace inexorablement vers l’Asie du Sud et l’Afrique.

Questions fréquentes #

Combien d’humains la Terre comptera-t-elle en 2050 ? +
Selon le scénario médian des World Population Prospects 2024 de l’ONU, la population mondiale devrait atteindre environ 9,7 milliards d’habitants en 2050, contre 8,2 milliards en 2024. La marge d’incertitude existe, mais ce chiffre fait référence pour la plupart des institutions internationales.
Quand la population mondiale va-t-elle atteindre son maximum ? +
L’ONU situe le pic vers le milieu des années 2080, autour de 10,3 milliards d’habitants. La population mondiale devrait ensuite décliner lentement, pour revenir autour de 10,2 milliards à l’horizon 2100.
Quel est l’âge médian de la population mondiale ? +
L’âge médian mondial est d’environ 31,1 ans en 2026 selon Worldometer, contre 24 ans en 1950. Il devrait atteindre près de 37,9 ans d’ici 2050, signe d’un vieillissement structurel de l’humanité.
Pourquoi parle-t-on d’un doublement des seniors d’ici 2050 ? +
Selon l’OMS, la population mondiale des 60 ans et plus passera d’environ 1 milliard aujourd’hui à 2,1 milliards en 2050. Sa part dans la population totale grimperait de 12 % (2015) à 22 % (2050), sous l’effet conjugué de l’allongement de la vie et de la baisse de la natalité.
D’où viendra l’essentiel de la croissance démographique ? +
Selon l’ONU, plus de la moitié de la hausse de la population mondiale d’ici 2050 proviendra de l’Afrique subsaharienne, dont la population devrait approcher 2,2 milliards d’habitants. L’Inde, déjà pays le plus peuplé du monde, fait partie des quelques pays qui concentreront la moitié de cette croissance.

Le grand basculement démographique n’est donc pas une explosion incontrôlée, mais une transition à plusieurs vitesses : une croissance qui ralentit, une humanité qui vieillit, et une carte du monde qui se redessine autour de l’Afrique et de l’Asie du Sud. Les chiffres de l’ONU dessinent un XXIe siècle où la question ne sera plus seulement « combien serons-nous », mais « qui, et où ».

Sources : ONU, instituts démographiques et données publiques. Article mis à jour régulièrement.

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