Le SBU, le service de sécurité d’Ukraine, a annoncé jeudi 24 septembre 2026 au soir l’arrestation d’un militaire ukrainien recruté par le FSB russe : infiltré dans un bataillon de réparation de drones de la région de Kharkiv, il transmettait les coordonnées de sa propre unité pour permettre une frappe de missile russe — et prévoyait de quitter la base juste avant le bombardement.
En bref
- Le suspect, un électricien mobilisé chargé de la réparation des systèmes sans pilote, avait été recruté par le FSB avant même sa conscription, par l’intermédiaire d’une parente vivant en Russie.
- Il a été interpellé par le contre-espionnage militaire dans un véhicule de service, à la sortie de son unité ; 5 téléphones servant à des communications chiffrées ont été saisis.
- Poursuivi pour haute trahison en temps de guerre (article 111, partie 2 du code pénal ukrainien), il encourt la prison à vie avec confiscation de ses biens.
- L’affaire a été rendue publique le 24 septembre à 21 h 32 par l’agence Interfax-Ukraine, puis détaillée le 25 septembre par Ukrinform, à partir du communiqué du SBU.
Ce que le SBU reproche au militaire arrêté #
Selon le communiqué du service de sécurité ukrainien, relayé par les agences Ukrinform et Interfax-Ukraine, l’homme servait comme électricien au sein d’un bataillon de réparation de drones rattaché à une brigade motorisée déployée dans la région de Kharkiv, dans le nord-est du pays. Sa mission officielle : remettre en état les systèmes sans pilote endommagés au front.
En parallèle, toujours selon le SBU, il transmettait à son officier traitant du FSB — le service de sécurité intérieure russe — les coordonnées précises de son propre bataillon. Objectif présumé : guider une frappe de missile russe sur l’atelier de réparation. Le plan comportait un détail glaçant : l’agent prévoyait de quitter les lieux avant le bombardement, sous prétexte d’un rendez-vous à l’hôpital.
Un recrutement antérieur à la mobilisation #
D’après l’enquête, le recrutement ne s’est pas fait dans les rangs de l’armée : le FSB l’avait approché avant sa conscription, par l’intermédiaire d’une parente installée en Russie. Ce mode opératoire — activer un contact familial resté de l’autre côté de la frontière — revient régulièrement dans les affaires d’espionnage documentées par Kyïv depuis le début de l’invasion, en particulier dans les régions frontalières comme celle de Kharkiv, où les liens familiaux transfrontaliers sont nombreux.
Une fois mobilisé, l’homme s’est retrouvé affecté précisément là où il pouvait faire le plus de dégâts : au contact des drones, devenus l’équipement le plus disputé du champ de bataille.
L’arrestation : cinq téléphones et des communications chiffrées #
Le contre-espionnage militaire du SBU affirme avoir identifié la « taupe » avant que la frappe ne soit déclenchée. L’homme a été interpellé dans un véhicule de service, au moment où il quittait l’enceinte de l’unité. Lors de la perquisition, les enquêteurs disent avoir saisi cinq téléphones utilisés pour des communications chiffrées avec son contact russe.
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| L’affaire en chiffres | Détail |
|---|---|
| Annonce publique | 24 septembre 2026, 21 h 32 (Interfax-Ukraine) |
| Téléphones saisis | 5, dédiés aux échanges chiffrés avec le FSB |
| Chef d’accusation | Haute trahison en temps de guerre (art. 111, partie 2) |
| Peine encourue | Prison à vie + confiscation des biens |
| Statut actuel | Détention provisoire, sans possibilité de caution |
Pourquoi viser un bataillon de réparation de drones ? #
Dans cette guerre, les drones assurent une part majeure des frappes et de l’observation, des deux côtés du front. Les ateliers qui les réparent et les remettent en circulation sont donc devenus des cibles prioritaires : détruire un bataillon de réparation, c’est priver tout un secteur du front de ses yeux et d’une partie de sa puissance de feu, plus durablement qu’en abattant les appareils un par un. C’est ce qui rend la localisation exacte de ces unités si précieuse pour Moscou — et si protégée par Kyïv, qui en déplace et camoufle régulièrement les emplacements. Les frappes russes en profondeur, elles, continuent de viser les villes et infrastructures ukrainiennes, comme lors de la reprise des bombardements sur Kyïv après la trêve de trois jours, début septembre.
Selon le communiqué du SBU relayé par Ukrinform, l’agent « a transmis les coordonnées du bataillon à son traitant du FSB » et « comptait quitter les lieux avant le bombardement sous prétexte d’un déplacement à l’hôpital ».
Un contre-espionnage ukrainien sous pression #
Pour le SBU, cette arrestation est aussi une démonstration : montrer que son contre-espionnage militaire détecte les infiltrations avant qu’elles ne coûtent des vies. Le service, régulièrement au cœur de l’actualité — y compris pour des affaires internes, comme la fusillade qui l’avait opposé au renseignement militaire GUR à Kiev début septembre — multiplie depuis des mois les annonces d’arrestations d’agents recrutés par le FSB, souvent des civils ou des mobilisés approchés via leurs proches ou les messageries.
Et concrètement, pour le lecteur français ? Cette affaire illustre la face invisible de la guerre des drones dont on voit chaque semaine les images : elle se joue autant dans les ateliers de réparation et les téléphones chiffrés que dans le ciel.
Le SBU (Sloujba Bezpeky Oukraïny) est le service de sécurité intérieure de l’Ukraine. Il est notamment chargé du contre-espionnage, y compris au sein des forces armées via son contre-espionnage militaire, à l’origine de cette arrestation.
Poursuivi pour haute trahison commise en temps de guerre (article 111, partie 2 du code pénal ukrainien), il encourt la prison à vie assortie de la confiscation de ses biens. Il a été placé en détention provisoire sans possibilité de libération sous caution.
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D’après le SBU, le FSB russe l’avait recruté avant sa conscription, par l’intermédiaire d’une parente vivant en Russie. Une fois mobilisé, il a été affecté comme électricien dans un bataillon de réparation de drones de la région de Kharkiv.
Qu’est-ce que le SBU ?
Que risque le militaire arrêté ?
Comment la « taupe » avait-elle été recrutée ?
À retenir
Le SBU affirme avoir neutralisé, avant toute frappe, un agent du FSB infiltré dans un bataillon ukrainien de réparation de drones près de Kharkiv. Recruté via une parente en Russie avant sa mobilisation, l’homme livrait les coordonnées de sa propre unité et comptait s’éclipser avant le missile. Il risque la perpétuité pour haute trahison.
Sources : communiqué du SBU relayé par Ukrinform (25/09/2026) et Interfax-Ukraine (24/09/2026) ; Le Parisien (26/09/2026).